Alzheimer & Naturopathie - Les différents types
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Les différents types de la maladie d'Alzheimer : comprendre les mécanismes des troubles cognitifs.
Pendant longtemps, la maladie d'Alzheimer a été envisagée comme une maladie unique : un seul mécanisme, une seule évolution, et une seule manière de l'aborder. Aujourd'hui, cette vision évolue grâce notamment aux travaux du Docteur Dale Bredesen.
L'approche en santé fonctionnelle propose une lecture différente : derrière un même diagnostic peuvent se cacher plusieurs mécanismes biologiques distincts(1).
Autrement dit, deux personnes ayant reçu le même diagnostic peuvent ne pas développer la maladie pour les mêmes raisons.
Le cerveau peut être fragilisé par différents processus : inflammation, manque de nutriments, dérèglement métabolique ou exposition à des toxiques.
Comprendre ces mécanismes permet d'avoir une approche plus précise et plus personnalisée.
Les recherches actuelles décrivent généralement trois grands profils biologiques et un sous-type.
Existe t-il plusieurs types de maladie d'Alzheimer ?
Les troubles cognitifs — mémoire, concentration, organisation, langage — peuvent apparaître lorsque plusieurs grands équilibres du cerveau se dérèglent.
Les principaux mécanismes identifiés aujourd'hui sont :
- l'inflammation chronique du cerveau(2)
- le manque de nutriments et de facteurs de soutien pour les neurones(3)
- un dérèglement du métabolisme énergétique cérébral(4)
- l'exposition Ă des substances toxiques environnementales(5)
Ces mécanismes influencent directement la survie des neurones, la communication entre les cellules nerveuses, la production d'énergie du cerveau et la capacité du cerveau à réparer les dommages.
Les 4 types de la maladie d'Alzheimer.
Type 1 : Le profil inflammatoire
Dans ce profil, le cerveau évolue dans un état d'inflammation chronique.
Normalement, l'inflammation est un mécanisme de défense utile : elle permet au corps de réagir face à une agression. Mais lorsqu'elle devient persistante voire chronique, elle finit par perturber le fonctionnement du cerveau. Certaines cellules immunitaires du cerveau, appelées microglies, restent activées en permanence. Au lieu de protéger les neurones, elles produisent alors davantage de molécules inflammatoires.
Progressivement, cet environnement inflammatoire :
- perturbe la communication entre les neurones
- fragilise les connexions synaptiques
- et altère les mécanismes de réparation cérébrale.
Avec le temps, cela peut favoriser la dégradation des fonctions cognitives, notamment la mémoire et la concentration.
Type 2 : Le profil trophique (manque de soutien et carences).
Dans ce profil, le problème principal est un manque de ressources biologiques pour le cerveau.
Le fonctionnement du système nerveux dépend de nombreux nutriments et hormones indispensables.
On retrouve fréquemment :
- des carences en vitamines (notamment vitamines B, D ou E)(6)
- des déficits en minéraux comme le zinc ou le magnésium(7)
- un apport insuffisant en oméga-3(8)
- ou certains déséquilibres hormonaux.(9)
Ces éléments jouent un rôle essentiel dans la fabrication des neurotransmetteurs, la protection des neurones, la stabilité des membranes cellulaires et la plasticité cérébrale.
Lorsque ces soutiens sont insuffisants, le cerveau devient moins capable d'entretenir et de réparer ses réseaux neuronaux.
Les capacités d'adaptation diminuent et la réserve cognitive s'affaiblit progressivement.
Sous-Type 1,5 : Le profil métabolique.
Dans ce profil, le problème concerne la production d'énergie du cerveau.
Les neurones ont besoin d'une grande quantité d'énergie pour fonctionner correctement or certaines personnes développent une résistance à l'insuline au niveau cérébral. Le glucose est bien présent dans le sang, mais les neurones ont plus de difficulté à l'utiliser.
Résultat : le cerveau fonctionne comme un moteur qui reçoit du carburant mais n'arrive plus à l'utiliser correctement.
Parallèlement, on observe parfois :
- une augmentation du stress oxydatif
- une accumulation de produits de glycation (liés à l'excès de sucre)
- et une baisse de l'efficacité des mitochondries, les centrales énergétiques des cellules.(9)
À long terme, ce déficit énergétique fragilise les neurones et perturbe les réseaux cognitifs.
Type 3 : Le profil toxique
Dans ce profil, le cerveau est exposé à des substances nocives provenant de l'environnement.
Il peut s'agir par exemple :
- de métaux lourds
- de pesticides
- de polluants industriels
- de perturbateurs endocriniens
- ou de toxines produites par certaines moisissures.
Ces substances peuvent augmenter le stress oxydatif, activer des voies inflammatoires, perturber les mitochondries et altérer la barrière hémato-encéphalique.
Au fil du temps, cette accumulation de toxiques crée un environnement défavorable au bon fonctionnement du cerveau.
Les mécanismes de protection neuronale s'affaiblissent et les capacités cognitives peuvent progressivement diminuer.
Dans la réalité, les profils sont souvent associés.
Dans la pratique, ces profils sont rarement isolés.
Il est très fréquent d'observer plusieurs mécanismes en même temps.
Par exemple :
- une inflammation chronique associée à des carences nutritionnelles
- une résistance à l'insuline accompagnée d'un stress oxydatif important
- ou encore un terrain inflammatoire aggravé par une exposition toxique ancienne.
Cependant, un profil dominant est souvent présent, et c'est lui qui oriente l'évolution du déclin cognitif.
Pourquoi identifier le profil d'Alzheimer est-il important?
Comprendre le mécanisme principal permet de mieux orienter l'accompagnement.
Sans cette lecture biologique, il est difficile de savoir :
- ce qui entretient réellement les troubles
- quels processus cibler en priorité
- et comment agir de manière cohérente.
L'objectif est donc de passer d'une approche centrée uniquement sur les symptômes
à une compréhension plus globale des causes de dysfonctionnement du cerveau.
Des leviers bénéfiques pour tous les profils d'Alzheimer.
Même si les mécanismes diffèrent, certains facteurs soutiennent le fonctionnement du cerveau dans tous les cas :
- l'activité physique
- un sommeil de qualité
- une alimentation adaptée
- la gestion du stress
- la stimulation cognitive.
Ces éléments influencent directement la plasticité cérébrale, c'est-à -dire la capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions et à s'adapter.(11)
Ils stimulent notamment la production d'une molécule essentielle : le BDNF, souvent surnommé l'engrais du cerveau.
Le BDNF joue un rôle clé dans la survie des neurones, la formation des synapses, l'apprentissage et la mémoire.
Comprendre Alzheimer.
Au dela des profils biologiques identifiés, la recherche sur Alzheimer met en lumière l'importance des interactions complexes entre génétique, environnement et métabolisme.
Comprendre ces interactions pourrait permettre de mieux anticiper l'évolution des capacités cognitives, de comprendre les facteurs de vulnérabilité spécifiques et de concevoir des stratégies d'accompagnement adaptées à chaque contexte.
Cette approche incite à considérer Alzheimer non pas seulement comme un diagnostic, mais comme un système dynamique, où différents mécanismes coexistent et interagissent, offrant des pistes inédites pour la recherche et la pratique clinique.
La suite nous attend.
Bibliographie :
1 . Bredesen DE. Metabolic profiling distinguishes three subtypes of Alzheimer's disease. Aging (Albany NY). 2015;7(8):595–600. doi:10.18632/aging.100801.
2 . Akiyama H, Barger S, Barnum S, Bradt B, Bauer J, Cole GM, Cooper NR, Eikelenboom P, Emmerling M, Fiebich BL, et al. Inflammation and Alzheimer's disease. Neurobiology of Aging. 2000;21(3):383–421. doi:10.1016/S0197‑4580(00)00124‑X.
3 . Cardoso BR, Cominetti C, Cozzolino SMF. Importance and management of micronutrient deficiencies in patients with Alzheimer's disease. Clinical Interventions in Aging. 2013;8:531–542. doi:10.2147/CIA.S27983.
4 . de la Monte SM, Wands JR. Alzheimer's disease is type 3 diabetes–evidence reviewed. Journal of Diabetes Science and Technology. 2008;2(6):1101–1113. doi:10.1177/193229680800200619.
5 . Grandjean P, Landrigan PJ. Neurobehavioural effects of developmental toxicity. The Lancet Neurology. 2014;13(3):330–338. doi:10.1016/S1474‑4422(13)70278‑3.
6 . Smith AD, Refsum H. Homocysteine, B‑vitamins, and cognitive impairment. Annual Review of Nutrition. 2016;36:211–239. doi:10.1146/annurev‑nutr‑071715‑051213.
7 . Cherbuin N, Kumar R, Anstey KJ. Dietary mineral intake and risk of mild cognitive impairment: longitudinal cohort study. Journal of Alzheimer's Disease. 2014;41(4):1215–1224. doi:10.3233/JAD‑131983.
8 . Sydenham E, Dangour AD, Lim WS. Omega‑3 supplementation for the treatment of dementia. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2012;6:CD005379. doi:10.1002/14651858.CD005379.pub3.
9 . Berger K, Bornstein SR, Chrousos GP, et al. Endocrine dysfunction and cognitive impairment: Evidence from clinical and epidemiological studies. Endocrine. 2021;46(3):335–349. doi:10.23736/S2724‑6507.20.03295‑2.
10 . Phillips C. Lifestyle modulators of neuroplasticity: How physical activity, mental engagement, and diet promote cognitive health during aging. Neural Plasticity. 2017;2017:3589271. doi:10.1155/2017/3589271.
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